125 années d'histoire(s) à raconter
Les pères eudistes

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Prêtres et élèves vers 1901. Père Conan, Joseph Doucet, Patrice Duffy, Resther Comeau, Charles McCormick, Albert Comeau, Hilarion Thibault, Thomas Melanson, Amédée Melanson, Philippe Thinault, Philippe Saulnier.

La congrégation de Jésus et Marie, aussi connue sous le nom de la congrégation des Eudistes, est fondée le 25 mars 1643, par le prêtre normand Jean Eudes. La fondation du Collège Sainte‑Anne en 1890 correspond aussi à l'arrivée des Eudistes en Amérique du Nord. Lorsque les pères Blanche et Morin arrivent à la Baie Sainte‑Marie, ils sont accueillis par le père Parker qui leur dit : « Soyez les bienvenus sur nos plages, zélés et courageux disciples d'Eudes. Votre arrivée au milieu de nous apporte la joie, la consolation et l'espérance, dans les cœurs des neuf mille Acadiens qui forment la population française de la Baie‑Sainte-Marie. » Seuls de leur congrégation au Canada, les pères Blanche et Morin travaillent pendant la première année à mettre sur pied une toute nouvelle institution. Par la suite, le nombre d'Eudistes qui viennent de France pour prêter main-forte aux efforts des deux précurseurs augmente; à ces Eudistes d'origine française se joindront au fil des ans des Eudistes formés au Canada.

Leurs premières années en Nouvelle‑Écosse sont marquées par la pauvreté. Selon le père de la Cotardière, la misère que la congrégation connaît à son arrivée à la Pointe est telle qu'on pourrait baptiser les premières années de « temps héroïques ». Les chambres des pères ne sont pas meublées et ce sont souvent les pères eux-mêmes qui se façonnent un petit mobilier. Les repas sont maigres : un moreau de viande, une pomme de terre et une petite rondelle de beurre; pour dessert, il y a une pomme, un fruit sec ou un biscuit. Les Eudistes entretiennent une petite ferme avec quelques animaux pour cultiver la terre et améliorer autant que possible leurs conditions de vie. La précarité dans laquelle vivent initialement les Eudistes de la Baie‑Sainte‑Marie favorise cependant le développement d'un esprit de famille. Puisqu'ils ne peuvent voyager, ils tissent entre eux de solides liens de solidarité et de fraternité en réalisant des projets communs, tel le Petit Bois.

L'œuvre des Eudistes au Canada ne se limite pas à la Baie Sainte‑Marie. Dès l'ouverture du Collège en 1890, apparaissent les premières traces d'un juvénat. Avec l'incendie du presbytère en 1893, les pères construisent un juvénat en bonne et due forme. Le juvénat Saint‑Jean Eudes ouvre ses portes en 1894. Il est transporté à Bathurst en 1916, mais revient à la Pointe l'année suivante lorsque le juvénat de Bathurst est incendié. Après l'incendie du juvénat 1920, le juvénat retourne définitivement à Bathurst. Les pères eudistes fondent aussi, dès 1896, un séminaire à Halifax qui desservira les provinces de l'Est et un second collège, le Collège Sacré‑Coeur de Caraquet. Dès 1903, les Eudistes s'installent au Québec où ils fondent de nombreuses institutions.

Quoique le Collège devienne laïque en 1971, les Eudistes demeurent actifs au sein de l'institution pendant plusieurs années. De fait, ils contribuent encore aujourd'hui au rayonnement de l'Université Sainte-Anne à titre d'anciens.

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