Pointe-de-l'Église (N.-É.), le 16 octobre 2026 — Un appel à communication est lancé pour le 36e colloque annuel de l’APLAQA 2027, qui se tiendra à l’Université Sainte-Anne à Pointe-de-l’Église en Nouvelle-Écosse, du 21 au 23 octobre 2027.
Dans le contexte actuel de tension sociale et politique, il apparaît de plus en plus difficile de penser le « vivre ensemble » sans s’interroger sur ses limites, c’est-à-dire sur la capacité de la collectivité de s’engager entièrement dans une « forme de cohésion et de solidarité sociales, de tolérance et de civilité » (Office de la langue française, définition du vivre ensemble, en ligne) qu’il sous-tend. Nous savons bien, avec la montée du populisme, des réseaux de désinformation et des attaques de certains discours politiques contre des groupes minorisés, mais aussi avec l’élargissement des écarts entre les classes sociales et l’appauvrissement de la population en général, que tout le monde n’est pas égal face aux normes qui encadrent le « vivre ensemble », que nous ne sommes pas toutes et tous dotés d’un même pouvoir d’agir au sein de la société. Ceci influence directement la capacité des groupes et des individus à se faire entendre et à faire reconnaître leurs droits — qu’il s’agisse du droit à la différence (par exemple linguistique, identitaire, ethnique, religieuse), du droit à la sécurité, du droit au logement, du droit à l’alimentation, du droit à la dignité ou autres. Pour certains, ces inégalités deviennent un motif à la prise de parole, à l’affirmation ; pour d’autres, elles poussent à la disparition, à l’effacement. Dans tous les cas, elles reposent sur un procédé qui confronte toujours la personne ou le groupe à l’image de sa propre vulnérabilité. La littérature, face à cette vulnérabilité, a un rôle à jouer : de la prise de conscience à la revendication, elle se fait échos des voix ignorées qui habitent en marge de nos vies. Comme le dit Lorrie Jean-Louis, « [a]vec la poésie, les dépossédés retrouvent un peu de leur élégance et de leur dignité. C’est un pouvoir très modeste, certes, mais souvent le seul qui reste pour préserver son amour-propre1 ».
Le présent colloque se propose d’explorer la représentation des espaces d’inégalités dans les littératures et les discours francophones du Canada en s’intéressant plus particulièrement au processus de marginalisation qui en découle, mais aussi à celui de solidarité ou de résistance. Parmi les pistes de réflexion, mais non exclusives, mentionnons les suivantes :
- les lieux d’expression minoritaires;
- le contexte colonial;
- l’écriture de la pauvreté;
- la vulnérabilité et le care;
- les solidarités littéraires;
- lectures comparées
- …
Pour participer au colloque
Nous vous invitons à nous envoyer une proposition de communication (200-250 mots), accompagnée d’une brève notice biobibliographique (100 mots), au plus tard le 15 décembre 2026 à l’adresse suivante :
Le retour sur les propositions se fera en janvier 2027.
Comité organisateur : Tania Grégoire, Jimmy Thibeault, Chantal White.
[1] Lorrie Jean-Louis, « une plume solidaire », Relations, no 817, été 2022, p. 39.
