Pointe-de-l’Église (N.-É.), le 15 septembre 2026 — À quoi ressemble la création d’un nouveau programme de recherche sur la démocratie à partir de la Nouvelle-Écosse rurale ? Un an après le lancement de la Chaire de recherche du Canada sur les femmes, la démocratie et le pouvoir dans la Francophonie à l’Université Sainte-Anne, la réponse se dessine : un programme ancré en Nouvelle-Écosse, mais dont la portée est nationale — et même internationale.
Depuis sa création, la Chaire, dont la titulaire est la professeure Gabrielle Bardall, mobilise des étudiantes et étudiants autour de certains des enjeux les plus pressants auxquels font face les démocraties aujourd’hui : la violence politique et la désinformation visant les femmes, la sécurité électorale, la participation politique des femmes, ainsi que les lois et les institutions qui encadrent et protègent le débat démocratique.
Et ces travaux voyagent bien au-delà de la Nouvelle-Écosse. Au cours de la dernière année, la professeure Bardall a présenté ses recherches et partagé son expertise à Ottawa, à Washington et à Vancouver, ainsi qu’auprès de publics internationaux à travers la Francophonie et le Commonwealth. En avril, elle a comparu à titre de témoin experte devant le Sous-comité des droits internationaux de la personne de la Chambre des communes pour parler de résilience démocratique et du rôle du Canada dans l’appui à la démocratie à l’étranger.
La Chaire est également devenue une source régulière d’expertise dans l’espace public. Au cours de sa première année, la professeure Bardall a réalisé plus de 35 entrevues et interventions médiatiques, en français et en anglais, rejoignant des publics dans au moins cinq provinces canadiennes. Ses recherches et analyses ont également été publiées dans The Conversation — où deux articles ont rejoint plus de 3 700 lecteurs — ainsi que dans Latin America Advisor, diffusé à travers les Amériques.
Un programme de recherche qui prend forme
Plusieurs grands axes de recherche ont été lancés ou ont connu des avancées importantes au cours de cette première année.
Une étude sur la désinformation genrée et la violence politique à l’égard des femmes au Sri Lanka examine 30 cas individuels et est maintenant engagée dans le processus d’évaluation par les pairs. Un chapitre consacré aux liens entre genre, financement politique et technologie au Canada paraîtra au cours de la prochaine année. En collaboration avec le Carter Center, la Chaire développe également une recherche comparative sur la façon dont les lois encadrant la liberté d’expression, la diffamation et la désinformation influencent la capacité des femmes à participer à la vie politique de manière sûre et égalitaire; cette étude s’étend désormais à une quinzaine de juridictions francophones.
Plus près de chez nous, la Chaire a lancé la première étude multidimensionnelle de la participation politique des femmes acadiennes et francophones en Nouvelle-Écosse, réalisée en collaboration avec Élections Nouvelle-Écosse. Ces travaux rassemblent de nouvelles données afin de mieux comprendre qui participe, qui accède aux fonctions électives et où persistent les obstacles.
À l’international, des recherches menées avec International IDEA se sont penchées sur la coordination entre les organismes de gestion électorale et les forces de sécurité dans cinq pays d’Afrique de l’Ouest, notamment sur les moyens de mieux adapter la sécurité électorale aux risques différents auxquels sont confrontés les femmes et les hommes.
Tous ces projets sont reliés par une même question : comment les institutions démocratiques peuvent-elles faire en sorte que les femmes puissent participer, exercer du pouvoir et faire entendre leur voix — particulièrement lorsque la démocratie elle-même est sous pression ?
Les étudiantes et étudiants au cœur de la Chaire
Depuis le lancement de la Chaire, neuf étudiantes et étudiants de premier cycle et des cycles supérieurs ont bénéficié d’un encadrement direct, provenant de l’Université Sainte-Anne et de cinq autres universités canadiennes.
Les étudiants et étudiants apprennent à recueillir et à analyser des données originales, contribuent à des projets de recherche internationaux et développent leur capacité à communiquer les résultats de leurs travaux au-delà du milieu universitaire. Deux étudiantes de premier cycle ont déjà cosigné des analyses destinées au grand public à partir de leurs recherches avec la Chaire, tandis que d’autres ont participé à des expériences concrètes et stimulantes, comme la préparation d’un témoignage parlementaire.
Faire vivre la démocratie ici aussi
En marge des activités de la Chaire, sa titulaire contribue concrètement à la vie de la région. La professeure Bardall s’est distinguée par son engagement remarquable envers la collectivité et par sa volonté de partager son expertise dans le domaine politique.
Cette année a notamment vu le lancement de la première Coupe éthique en français en Nouvelle-Écosse, développée avec l’École secondaire de Clare et l’équipe nationale de la Coupe Éthique du Canada et avec un appui financier du Département des sciences humaines. L’initiative permet aux élèves francophones du secondaire de débattre, en français, de grandes questions éthiques contemporaines et de s’initier au dialogue civique. Des étudiantes et étudiants de l’Université Sainte-Anne et des membres de la communauté universitaire y participent aussi comme modérateurs et juges.
La professeure Bardall s’investit également dans sa communauté en tant que cofondatrice et coprésidente de l’Association Sainte-Marie héritage et développement, qui travaille à la sauvegarde de l’ancienne église Sainte-Marie et au développement local. Peut-être avez-vous voté au Beau Sauvetage, lu l’alerte d’ICOMOS ou écouté les cloches sonner cet été ? Si oui, vous avez déjà pris part, à votre façon, à faire vivre la participation citoyenne dans la région.
De la Nouvelle-Écosse, une recherche qui rayonne à l’international
En une seule année, les travaux de la Chaire ont rejoint le Parlement, des organisations internationales, les médias et des communautés de recherche partout au Canada. Un seul évènement virtuel destiné à la Francophonie a réuni plus de 50 participantes et participants provenant de 22 pays, tandis que d’autres présentations ont permis de faire connaître les travaux de la Chaire auprès de publics de la Francophonie comme du Commonwealth.
Et l’automne s’annonce tout aussi dynamique : des interventions aux Nations Unies et Élections Canada, ainsi qu'à Harvard et dans le cadre d’un événement international dédié à sa recherche avec International IDEA; la construction un espace qui facilite la collaboration de l’équipe de recherche et des partenaires; et retourner à la capitale nationale pour poursuivre le dialogue entre ses recherches et les milieux politiques et décisionnels en tant que déléguée du CRSH dans le cadre du programme 2026 La science rencontre le Parlement.
Après cette première année, la Chaire de recherche du Canada sur les femmes, la démocratie et le pouvoir dans la Francophonie poursuit son déploiement. Mais de la Nouvelle-Écosse à Ottawa et Washington, et au sein d’un réseau international qui ne cesse de s’élargir, ses travaux trouvent déjà leur place — et leur public.
À propos de l’Université Sainte-Anne
L’Université Sainte-Anne, la seule université francophone en Nouvelle-Écosse, offre des programmes d’études universitaires et collégiales ainsi que des programmes d’immersion et de formation sur mesure en français langue seconde. Reconnue pour l’excellence de ses programmes et son milieu de vie unique et exceptionnel, elle offre des occasions d’apprentissage expérientiel favorisant l’engagement et la réussite des étudiantes et étudiants et un contexte favorable à l’établissement d’une culture d’excellence en recherche et en développement. Résolument ancrée dans son milieu, elle est un partenaire de choix pour accroître la vitalité des régions entourant ses campus et de l’Acadie de la Nouvelle-Écosse dans son ensemble.
Pour plus d’information
Gilles Saulnier, Agent aux communications de recherche et aux études supérieures
Université Sainte-Anne
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