Gaston Chagnon, feu père Léger Comeau, Marc-Adélard Tremblay, Catherine Butler et Daniel N. Paul recevront chacun un doctorat honorifique de l'Université Sainte-Anne

Pointe-de-l'Église, le 7 avril 1997 : Le recteur de l'Université Sainte-Anne, Harley d'Entremont, est heureux d'annoncer les noms des récipiendaires d'un doctorat honoris cause de l'Université Sainte-Anne en 1997. Les doctorats honorifiques seront accordés lors de deux prochaines collations des grades qui auront lieu à l’Université le samedi 3 mai et le samedi 7 juin prochain.

Gaston Chagnon, développeur et bienfaiteur dans la région métropolitaine de Halifax, recevra un doctorat honorifique en Administration ; feu le père Léger Comeau, grand militant acadien décédé le 22 décembre dernier, recevra un doctorat honorifique posthume en Philosophie, et Marc-Adélard Tremblay, anthropologue et professeur émérite reconnu de l’Université Lava, recevra un doctorat honorifique en Sciences humaines lors de la collation des grades le 3 mai prochain. M. Tremblay présentera l’allocution aux futur(e)s diplomé(e)s.

Exceptionnellement cette année, il y aura une deuxième collation des grades le 7 juin. Lors de cette deuxième collation, Catherine Butler, membre très active dans la communauté d’Halifax, recevra un doctorat honorifique ès Lettres, et Daniel N. Paul, consultant, auteur et militant auprès de la population mi’kmaq en Nouvelle-Écosse, recevra aussi un doctorat honorifique ès Lettres de l’Université Sainte-Anne. M. Daniel Paul adressera l’allocution au deuxième groupe de nouveaux diplômés lors de cette cérémonie.

Gaston Chagnon

M. Gaston Chagnon, diplômé en Administration du Collège Mont St-Louis à Montréal, est déménagé en Nouvelle-Écosse en 1961. Avec ses deux frères, il fondait Maritime Drywall à Halifax. La société comprenait un personnel de 250 personnes. Il a œuvré dans l’industrie de la construction dans toutes les provinces maritimes.

En 1971, il s’est lancé à son propre compte dans la construction de bloc appartements et les rénovations aux maisons avec son épouse Pauline. Il est propriétaire de six édifices d’appartements qu’il gère avec son épouse. Le couple Chagnon a reçu un prix du ministère provincial du Logement pour un projet de rénovations à l’extérieur d’une maison.

M. Chagnon a été impliqué pendant plus de dix ans dans la création du Carrefour du Grand Havre, l’école francophone située à Dartmouth, et a été membre du premier Conseil scolaire de cette école.

Gaston Chagnon est le trésorier fondateur de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, fondée en 1968. Il a été impliqué dans nombreux organismes francophones et acadiens où il a contribué, et contribue toujours, son appui et ses conseils, notamment au Club français, à l’Université Sainte-Anne, au journal Le Courrier de la Nouvelle-Écosse (étant le trésorier fondateur de la Société de presse acadienne) et à la Picasse à Petit-de-Grat.

Il a reçu plusieurs mentions pour son engagement dans la francophonie en Nouvelle-Écosse. Il a été admis dans l’Ordre de la Pléiade de l’Association internationale des parlementaires de langue française en 1992 et a reçu le Certificat Léger-Comeau de la Fédération acadienne en 1988. La Place Chagnon au Carrefour du Grand Havre porte son nom.

M. Chagnon passe beaucoup de temps avec ses trois enfants et ses petits-enfants. Il voyage souvent au Québec et en France. Collectionneur d’antiquité, surtout ce qui concerne Napoléon et Louis XVI, il possède une précieuse collection d’articles des 18e et 19e siècles.

Le père Léger Comeau (posthume)

Le père Léger Comeau, un des plus grands nationalistes acadiens ayant passé par l’Université Sainte-Anne (1940), est décédé subitement à Comeauville le dimanche 22 décembre à l’âge de 76 ans. Le père Comeau était ancien vice-recteur aux Affaires extérieures, directeur de l’immersion et directeur de l’Éducation permanente à l’Université Sainte-Anne où il œuvrait pendant 20 ans.

Reconnu pour ses homélies passionnantes et ses discours nationalistes en faveur du peuple acadien, le père Comeau a fait connaître l’Acadie au monde entier. Il était président de la Société nationale de l’Acadie pendant 10 ans. Il représentait tous les Acadiens de l’Atlantique lorsqu’il est parti négocier avec la France une douzaine de fois. Son avis était sollicité par les Acadiens de partout. Il était, entre autres, président de l’Institut de développement communautaire, président fondateur de la Fédération acadienne de la N.-É., de la Commission provinciale sur la toxicomanie, seul président de la Société d’habitation de l’Université Sainte-Anne, le Conseil canadien des Chrétiens et des juifs, l’Association canadienne d’éducation de langue française, le Conseil des arts de Clare et la Société historique de la Baie Sainte-Marie, entre autres.

Le père Comeau a reçu un doctorat honorifique de Pine Hill Divinity Hall, de l’Université de Moncton et de la University Saint Francis Xavier. Ses nombreux autres honneurs comprennent : le prix des Relations humaines du Conseil canadien des Chrétiens et des Juifs, chevalier de l’Ordre de la pléiade de l’Association internationale des parlementaires de langue française, commandeur de l’Ordre des Palmes académiques du ministre de l’Éducation de France, membre de l’Ordre des francophones d’Amérique de Québec, officier de la Compagnie des cents associés francophones, le prix Séraphin-Marion de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Ordre de la fidélité française du Conseil de la vie française en Amérique, premier Acadien à être nommé chevalier dans l’Ordre nationale de la Légion d’honneur (présentation faite par le président de la République française à l’époque, François Mitterrand), officier dans l’Ordre du Canada, parmi tant d’autres. Deux prix acadiens porte son nom, la Médaille Léger-Comeau accordée par la Société nationale de l’Acadie et le Certificat Léger-Comeau accordé par la Fédération acadienne de la N.-É.

Marc-Adélard Landry

Pionnier dans l’anthropologie culturelle à l’échelle québécoise et canadienne, Marc-Adélard Tremblay s’est distingué sur le plan méthodologique par la mise sur pied et la direction de nombreuses équipes de recherche et par ses très nombreuses publications en sciences humaines. M. Tremblay a poursuivi une carrière d’enseignement et de recherche à l’Université Laval de 1956 à 1993 où il agit encore en tant que professeur associé. Il était le directeur fondateur du département d’Anthropologie de cette Université.

Il a obtenu son doctorat en Anthropologie de la Cornell University et sa maîtrise ès Arts en Sociologie ainsi que son baccalauréat ès Sciences sociales de l’Université Laval.

Il a obtenu plusieurs bourses et subventions qui l’ont amené à étudier, entre autres, les Acadiens de la N.-É. et les autochtones partout au Canada. Ses recherches ont porté principalement sur les transformations des société acadiennes et québécoises et sur l’impact des contacts de civilisation sur l’identité culturelle des peuples autochtones. Il a à son crédit plus de 180 articles et 24 ouvrages publiés dans des revues québécoises, canadiennes, américaines et européennes. Il est membre d’une vingtaine d’associations professionnelles auxquelles il appartient.

Marc-Adélard Tremblay est officier de l’Ordre du Canada, a reçu la médaille Innis-Gérin de la Société royale du Canada pour l’ensemble de son œuvre en 1979 et a reçu des doctorats honorifiques des université d’Ottawa, de Guelph, de Northern British Columbia et de Carleton. Il est lauréat, entre autres, du prix Esdras-Minville de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, du prix Molson du Conseil des arts du Canada et du prix Marcel-Vincent de l’ACFAS, a obtenu le certificat de Contribution exceptionnelle de la Société canadienne de sociologie et d’anthropologie, est membre de l’Ordre du mérite international de l’International Biographical Centre en Angleterre et a été choisi Homme de l’année de l’American Biographical Institute. Il est depuis 1994 professeur émérite à l’Université Laval.

Catherine M. Butler

Ancienne membre du Conseil d’administration de l’Université Sainte-Anne (1975 à 1981), Catherine Doucet-Butler a été engagée dans plusieurs organismes à titre bénévole, en particulier : le Conseil consultatif de l’Institut national canadien pour les aveugles (CNIB), l’Alliance mondiale des unions chrétiennes féminines (YWCA) au Canada et Centraide Canada. Après ses études à l’école Notre-Dame-du-Sacré-Cœur à St-Joseph, N.-B., Mme Butler a obtenu un Baccalauréat ès Arts au Collège Notre-Dame-d’Acadie à Moncton et a étudier au Maritime School of Social Work. Elle a ensuite travaillé au Nova Scotia Hospital à Dartmouth. Mère de famille à Halifax, elle et son mari ont élevé cinq enfants.

Mme Butler a été vice-présidente de la Bourse Jeanne-de-Valois lors de sa création en 1980 à l’Occasion des retrouvailles des anciennes du Collège Notre-Dame-de-l’Acadie. Le fonds de bourse, nommé d’après la fondatrice du Collège, mère Jeanne de Valois, est destiné aux étudiantes voulant poursuivre des études universitaires en français.

À l’institut national canadien pour les aveugles, Mme Butler a été présidente de diners Visions ainsi que membre et vice-présidente de Conseil consultatif. À Centraide Canada (United Way), elle a été membre du Conseil d’administration pendant six ans, ayant été présidente du Comité des admission, membre de l’exécutif, membre du Comité des répartitions, membre du Comité de chefs de file, membre du Comité de planification stratégique et présidente de la vente de billets pour le défilé de mode.

Mme Butler a également été présidente de l’Alliance mondiale des unions chrétiennes féminines, ayant été présidente du Comité des programmes et ayant occupé d’autres postes à la direction. De plus, elle était membre du Conseil national pendant quatre ans où elle présidait le Comité des nouveaux statuts et règlements.

Daniel N. Paul

Auteur, journaliste, juge de paix, commissaire de la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse et orateur renommée, Daniel N. Paul est un porte-parole et ardent défenseur du peuple Mi’kmaq dans la province. Il est auteur de deux livres, The Confrontation of Micmac and European Civilisations et We Weer Not the Savages. Un troisième volume, When the Great Spirit Calls est en voie de publication.

M. Paul est auteur d’une chronique bimensuel dans les journaux provinciaux The Chronicle Herald et The Mail Star. Ses chroniques portent sur l’histoire et les affaires sociales ainsi que sur les Mi’kmaq. Il a été nommé juge de paix en 1994 dans la région de Halifax. De plus, il est commissaire de la Cour suprême provinciale, membre du Conseil d’administration de la Public Legal Education Society of Nova Scotia et membre laïc du Barreau de la Nouvelle-Écosse.

Daniel Paul a été ancien directeur exécutif de la Confederacy of Mainland Micmacs de 1986 à 1994 sur la réserve Millbrook à Truro. Après avoir rédigé et déposé les statuts et règlements de l’organisation, il a conçu les politiques et lignes directrices requises pour une bonne gestion et les opérations de l’Association. Pendant son mandat, il a créé et publié le Micmac/Maliseet Nation News, créé et dirigé la Société de développement des Micmacs péninsulaires et créé et présidé la Galerie du patrimoine micmac à Halifax.

Il était auparavant au service du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, superviseur de district pour les réserves, superviseur des opérations des bandes, gérant de district surveillant plusieurs membres de personnel, aviseur aux gouvernements locaux, directeur tripartite pour l’Union des Indiens néo-écossais, directeur du développement économique et commis financier.

Ses activités bénévoles comprennent, entre autres, ancien chef du district de Shubenacadie, ancien membre du Conseil d’administration du Centre d’accueil micmac à Halifax, ancien commissaire auprès de la Commission néo-écossaise des droits de la personne et ancien membre du Comité de travail sur la restructuration de la cour auprès du ministère du procureur général.