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Sherbrooke (QC) et Pointe-de-l'Église (N.-É.), le 9 février 2023 – Crises, débordements émotionnels, frustration, les sautes d'humeur des tout-petits sont le lot parfois quotidien des parents. Un bon moyen de les calmer rapidement : l'écran ? Pas vraiment, puisque cela pourrait très bien empirer les choses dans l'immédiat et à long terme.

C'est du moins ce que révèle une récente étude réalisée par l'équipe de recherche dirigée par la professeure Caroline Fitzpatrick, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l'utilisation des médias numériques par les enfants, à la quelle a également contribué Élizabeth Harvey, professeure au Département des sciences de l'éducation de l'Université Sainte-Anne. Si les écrans semblent une solution facile pour calmer les enfants, ils peuvent avoir des répercussions mesurables sur la capacité de ces derniers à réguler leurs émotions.

L'étude réalisée avec des enfants de 3,5 ans et de 4,5 ans durant la pandémie fait réaliser toute l'importance pour les familles de se doter de règles de conduite quant à l'utilisation des écrans. Conséquence probable de la pandémie, les enfants de l'échantillon étudié ont été exposés à des niveaux de temps d'écran qui dépassent les recommandations pédiatriques de 1 heure par jour, leur consommation médiatique allant jusqu'à 3,46 heures par jour. L'étude nous apprend aussi que chaque heure passée devant un écran à 3,5 ans prédit une augmentation des manifestations de colère et de frustration à 4,5 ans.

En effet, les résultats de la recherche suggèrent que la consommation de contenus sur écran par les enfants d'âge préscolaire peut nuire à leur capacité à réguler avec succès les effets négatifs des émotions, un déterminant crucial de la réussite personnelle des enfants et de leur santé mentale et physique tout au long de la vie.

« Les parents doivent être informés qu'une utilisation importante des médias numériques peut avoir un impact significatif non seulement sur la santé physique de leurs enfants, mais aussi sur leur capacité à gérer efficacement à long terme leurs réactions émotionnelles », affirme la professeure Caroline Fitzpatrick.

Développer ses compétences à gérer ses émotions

Des études antérieures ont déjà révélé que les écrans ne sont pas une solution à préconiser pour calmer un enfant bouleversé ou en crise de colère. En effet, au fil du temps, ce moyen utilisé par les parents peut miner la capacité des enfants à développer eux-mêmes des moyens de gérer leurs émotions de détresse ou de colère.

Jeunes, les enfants comptent sur le soutien des adultes pour la régulation émotionnelle, mais les occasions d'exercer la régulation des émotions avec d'autres enfants peuvent les aider à améliorer cette compétence.

Le problème, c'est qu'un temps d'écran excessif peut réduire le temps pour les activités de construction de l'autorégulation des émotions, telles que le jeu imaginaire, les contes ou les jeux sociaux avec d'autres enfants ainsi que l'activité physique.

Des outils pour les parents

La recherche suggère d'ailleurs que la surveillance parentale, comme fixer des limites sur la durée de l'utilisation d'écran et choisir un contenu éducatif destiné aux enfants, et même discuter des médias avec les enfants, peut avoir un effet protecteur à long terme sur eux. L'équipe de recherche affirme que, considérant que l'utilisation des médias numériques a augmenté pendant la pandémie, il peut être particulièrement important et opportun de fournir aux parents des outils efficaces pour mieux gérer cette activité avec leurs enfants.

Plusieurs stratégies existent pour soutenir les familles dans leur gestion du temps d'écran, selon Marie-Andrée Binet, étudiante à la maitrise qui collabore à l'étude.

« Les professionnels de la santé recommandent la création d'un plan familial qui précise les règles et limites d'utilisation des écrans pour chaque membre de la famille et qui préserve des moments sans la distraction des écrans, comme les repas ou la routine du coucher. L'organisme Pause ton écran offre aussi des boîtes à outils et des astuces pour encadrer l'usage des écrans, améliorer ses habitudes, trouver des activités alternatives, et donner l'exemple d'une utilisation saine des écrans aux enfants », ajoute Marie-Andrée Binet.

Les travaux de l'équipe de recherche se poursuivent avec l'échantillon de 315 enfants de la Nouvelle-Écosse, et d'autres résultats seront dévoilés dans les prochains mois au sujet de l'impact sur le développement global et la santé des enfants de l'utilisation des écrans par eux et leurs parents durant la pandémie.

À propos de l'étude

L'étude Preschooler screen time and temperamental anger/frustrationduring the COVID-19 pandemica été réalisée par la Pre Caroline Fitzpatrick en collaboration avec son étudiante à la maitrise Marie-Andrée Binet, les professeures Elizabeth Harvey (Université Sainte-Anne), Rachel Barr (Georgetown University), Mélanie Couture (UdeS) ainsi que Gabrielle Garon-Carrier (UdeS).

La professeure Fitzpatrick dirige la Nova Scotia Media use Study (NSMUS), une étude longitudinale (2020-2023) qui vise à mieux comprendre les conséquences de l'utilisation des écrans par les jeunes enfants et leurs parents sur la santé et le développement des jeunes enfants. À ce jour, cette étude a reçu un financement de 780 272 $ de Nova Scotia Research, du CRSH et des IRSC. La professeure Élizabeth Harvey de l'Université Sainte-Anne y est également cochercheuse de longue date.

Les organismes québécois Pause ton écran et Naître et Grandir ainsi que le centre La Pirouette en Nouvelle-Écosse sont des partenaires du projet.

Caroline Fitzpatrick donnera la conférence d'ouverture de la Semaine de la recherche de l'Université Sainte-Anne le 6 mars prochain. Elle y présentera la communication Famille et COVID-19 : habitudes médiatiques et développement de l'enfant.

Informations complémentaires : 

À propos de la recherche à l'Université Sainte-Anne 

Fière de son caractère francophone, l'Université Sainte-Anne constitue un foyer unique en son genre pour l'apprentissage, la recherche, l'innovation et l'épanouissement en français. En effet, ancrée dans l'Acadie de la Nouvelle-Écosse, l'Université se focalise sur la création et la mobilisation de savoirs nouveaux dans une variété de domaines de pointe particulièrement pertinents pour notre époque. L'Université Sainte-Anne souhaite soutenir une culture de recherche concertée et dynamique, de façon à favoriser le rayonnement et la mise en œuvre de savoirs vitaux et novateurs, destinés à répondre aux besoins de la communauté locale, de la société acadienne et d'un monde en constante mutation. 

Pour plus d'information 

Geneviève Lussier, conseillère en relations médias
Service des communications | Université de Sherbrooke
819 821-8000 poste 65472 | Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Bureau de la recherche   
Université Sainte-Anne  
Tél. : 902-769-2114  
Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Maya Hayes est originaire de Halifax, N.-É. et étudiante de première année dans l’Option immersion française intégrée (OIFI). Après avoir débutée au niveau intermédiaire en français, elle a beaucoup progressé et a réussi à décrocher un emploi comme animatrice francophone dans les camps organisés Canadian Parents for French - Nova Scotia à Halifax. Elle est très fière d’avoir passé une entrevue en français et d’être sélectionnée à cause de la qualité de son français oral.

Deux aspects qu’elle a beaucoup appréciés de l’option OIFI « étaient les leçons et la façon que les professeurs nous ont enseigné les matériaux. Cela m’a donné un point de vue différent sur la langue française que j’ai beaucoup aimé. »

Félicitations, Maya, et nous sommes convaincus que les enfants du camp de Canadian Parents for French sont chanceux de t’avoir comme animatrice!

Maya Hayes est originaire de Halifax, N.-É. et étudiante de première année dans l’Option immersion française intégrée (OIFI). Après avoir débutée au niveau intermédiaire en français, elle a beaucoup progressé et a réussi à décrocher un emploi comme animatrice francophone dans les camps organisés Canadian Parents for French - Nova Scotia à Halifax. Elle est très fière d’avoir passé une entrevue en français et d’être sélectionnée à cause de la qualité de son français oral.

Deux aspects qu’elle a beaucoup appréciés de l’option OIFI « étaient les leçons et la façon que les professeurs nous ont enseigné les matériaux. Cela m’a donné un point de vue différent sur la langue française que j’ai beaucoup aimé. »

Félicitations, Maya, et nous sommes convaincus que les enfants du camp de Canadian Parents for French sont chanceux de t’avoir comme animatrice!